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mardi 7 mars 2017

Arandel - Aleae

Si le hasard a présidé à cette construction ludique qui n'utilise aucun sample autre que ceux fait maison, l'instinct en a sacrément tiré son parti.

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Electro, techno, house, ambient, jazz from Lyon, 18 janvier 2017

lundi 18 novembre 2013

Super Discount - Etienne de Crecy - Grand jeu - THE WEAR DON'T MAKE THE MONK! Pochette hideuse mais disque génial.

 Et bien moi, d'entrée de jeu, je solde. Venez chez moi, y a pas moins cher. A ce superbe thème, ce disque s'est imposé immédiatement.

Lorsque nous traversons la France et que nous passons, malgré nous, dans toutes ces zones commerciales avec ses affiches jaunes fluos, proposant des prix toujours plus bas, avec ma femme nous disons souvent au même instant "bienvenue dans la France moche" puis "chips personnel" (ça fait rire les enfants). Non seulement c'est moche mais la réalité qui se cache derrière, cette mondanéité du monde, au sens heideggerien du terme, est encore plus hideuse. Pour y avoir travaillé, j'ai trouvé terrible de s'entendre interdire l'usage des échelles que nous vendions sous prétexte qu'elles ne remplissaient pas les normes de sécurité. Les récits des "betas testeurs" qui testaient les produits tombés du camion au risque de leur vie, étaient hilarants et avaient de quoi nous passer l'envie de ramasser quoi que ce soit au passage... D'où une certaine méfiance de ma part à l'égard de tout ce qui est Discount.

J'ai trouvé ce disque à Paris à la bibliothèque Batignolle à la fin des années 90. Il y avait encore peu de disques en electro mais tout ce que je découvrais était fantastique. Intrigué par la pochette, j'ai été bluffé par celui-ci. J'ignorais néanmoins, à cette époque, qu'il deviendrait un disque mythique, un jalon incontournable dans l'histoire mondiale de la musique électronique, un classique, un chef d’œuvre avant-gardiste et précurseur de la musique tout court... Sans ce disque pas de French Touch, pas de Daft punk, pas de Air, pas de Grand Popo Football Club... Je n'aurais peut-être pas eu d'enfant... Mais avant d'entrer dans le détail de ma vie personnelle et intime revenons à l'histoire de ce disque.

Au départ, il s'agissait d'une blague potache entre copains de lycée... Une blague de sales gosses, qui a eu envie de donner un coup de pied dans la fourmilière, sans trop savoir ce qu'ils faisaient, avec juste ce qu'il faut de désinvolture et d'arrogance.  Le hic, c'est que les gens n'ont rien compris à ce disque, la boulette s'est transformée en boule de neige, puis en avalanche. Il ne restait plus qu'a surfer sur la vague.
Etienne n'en était pas à son premier coup d’essai pour autant et ce n'est pas historiquement parlant le premier disque de la French Touch, ce serait, plutôt Motorbass dont faisait partie Etienne de Crecy avec Philippe Zdar.

Pour ce disque, la musique n’existait pas encore, qu'ils avaient déjà crée la pochette sous la forme d'un plan Marketing de 4 maxis dont la pochette était découpé en 4 parties de manière à s'assembler sous forme d'un puzzle... L'idée lui est venu d'une exposition d'art contemporain qui l'a bien fait marrer.
Il ne restait plus qu'à faire la musique, en faisant appel aux potes du Lycée et le tour était joué. Une chance, les potes du Lycée n'étaient pas manchots et ils sont toujours en piste aujourd'hui.

Là où l'habit ne fait pas le moine, c'est que la planète entière a cru que De crecy, se moquait de la techno, de la house faites pour danser avec ses pieds et non avec son cerveau... Mais De Crécy  n'est ni Autechre, ni Lagaf mais bel et bien un mix des deux et son disque ne visait pas la techno qui fait boum boum mais la house des clubs ultra select, à la fois pointu et underground dont les pochettes étaient jugées par De Crecy abusivement austères et prétentieuses. Le disque de De Crecy consistait à montrer ses fesses lors d'une soirée mondaine... Pas étonnant qu'ils se soient fait sortir de ces soirées quand il parvenait occasionnellement à y entrer.

Etienne ne s'était pas attendu à vendre plus de 200 000 albums avec une mauvaise blague potache entre potes de lycée. Faire mouche du premier coup, aura été pour lui, un peu déstabilisant, mais bon, on ne va pas le plaindre non plus.

Il reste un disque qui, aujourd'hui sonne incroyablement vintage et minimaliste. On y reconnait la patte du mauvais bassiste plus à l'aise avec des machines qu'avec de vrais instruments. La ligne de basse mélodique et dansante reste le point fort et c'est ce qui fait encore l'originalité de ce disque.

N'étant pas rétro-maniaque, je ne l'écoute plus très souvent, mais j'ai été bien content de le ressortir à l'occasion de ce grand jeu. Mesdames et messieurs, je vous remercie pour votre attention, nous pouvons passer au disque suivant. Attention à la marche en sortant.

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